Pendant les Cinquante incertaines (2000‑2050), comment ne pas subir l'incertitude
L'incertitude serait l'un des maux les plus redoutables de notre époque. Certes, sont préjudiciables pour les entreprises le caractère erratique des circonstances (fiscales et réglementaires), les ignorances d'un événement futur, ou souvent la nature même des événements en cours.
Mais il me semble que ce procès est excessif : les incertitudes constituent aussi des leviers majeurs d'opportunités pour une large partie des entreprises.
Pour les années qui viennent trois voies constructives se dessinent :
1. Le dépassement des incertitudes par des visions, des ambitions d'avenir puissantes.
2. La modération des incertitudes, consistant à réduire les risques par l'anticipation de ce qui vient, notamment avec l'IA. Egalement mieux tenir compte des environnements (financiers, conceptuels, géopolitiques, sociétaux…) d'où procède l'inattendu.
3. La valorisation entrepreneuriale des incertitudes ; de manière réactive en s'adaptant rapidement ; de manière structurelle avec des stratégies de « résilience », de « robustesse », d'« antifragilité » (Nassim Nicholas Taleb) ; de manière proactive en intégrant le principe d'aléas futurs pour déployer des démarches de préventions, voire de « réparation ».
L'incertitude ne saurait donc être par nature inhibante, mais appelle à être appropriée.
Il existe à mon sens un travers français de réticences envers l'incertitude, liée à une aversion au risque. Ma conviction est qu'on ne vit pas, qu'on ne grandit pas à risque nul. Par un pari volontaire, il est préférable de « faire sienne » l'incertitude : ce sont des cultures de l'incertitude qu'il s'agit de promouvoir.
Les « 50 incertaines » (2000‑2050) ne sont pas fatalement tétanisantes : elles offrent un « capital incertitude » et plusieurs voies d'appropriation.