III. Science et esprit critique...
Science et esprit critique : les Français entre adhésion et vigilance
En 2026, les Français confirment leur attachement à la science… tout en exprimant une vigilance accrue à l'égard de ceux qui la produisent. Selon le Baromètre de l'esprit critique, 6 Français sur 10 se déclarent intéressés par les sujets scientifiques, et plus de 8 sur 10 reconnaissent à la science un rôle central pour comprendre le monde et améliorer les conditions de vie. Une adhésion large et stable malgré les crises récentes.
Mais cette confiance n'est pas aveugle. Moins d'un Français sur deux (48 %) estime que la communauté scientifique est indépendante, et 6 sur 10 jugent que le pouvoir des scientifiques peut aussi les rendre dangereux. La science éclaire, mais ne doit pas décider seule : seuls 54 % considèrent que les scientifiques sont les mieux placés pour savoir ce qui est bon pour les citoyens.
Dans ce contexte, l'esprit critique apparaît comme une compétence largement revendiquée : 76 % des Français estiment en faire preuve. Ils l'associent d'abord au raisonnement (47 %), à la recherche d'information (46 %), et au débat d'idées (44%). Pourtant, les pratiques révèlent des tensions : 40 % préfèrent échanger avec des personnes partageant leurs opinions, et 34 % reconnaissent maintenir leurs arguments malgré le doute.
Ce décalage entre principes affichés et pratiques souligne les limites concrètes de l'exercice de l'esprit critique, notamment dans des environnements sociaux et numériques parfois polarisés.
Le rapport à l'information illustre particulièrement ces tensions. D'un côté, les médias traditionnels - télévision, radio, presse - continuent d'inspirer le plus de confiance. De l'autre, leur usage recule au profit de formats numériques plus rapides et accessibles. Les réseaux sociaux, massivement consultés, restent les sources les moins crédibles aux yeux des Français. Ce paradoxe - utiliser davantage des sources auxquelles on fait moins confiance - traduit une adaptation contrainte à un écosystème informationnel pléthorique.
Chez les jeunes, ces évolutions sont encore plus marquées. Ils diversifient davantage leurs sources, s'informent plus fréquemment, mais s'inscrivent aussi dans des logiques plus relationnelles et parfois plus polarisées. L'émergence de l'intelligence artificielle comme source d'information ajoute une nouvelle couche de complexité, avec des niveaux de confiance élevés parmi ses jeunes utilisateurs.
Loin d'un désengagement, les Français témoignent ainsi d'un esprit critique bien réel - mais constamment mis à l'épreuve dans un univers informationnel saturé.
Par Clotilde Combe, Directrice Conseil, Viavoice
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