Face aux incertitudes : piloter autrement plutôt que ralentir

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L’actualité de l’inflation et ses perspectives amplifie un cycle d’incertitudes de haute intensité, engagé ou diversifié : nouvelles digitalisations, disruptions business, cyber-risques, mouvements sociaux, pandémie, formes du travail, guerre, taux d’intérêt, coût de l’énergie et des matières premières, comportements de consommation, fracturations sociétales, aléas électoraux, etc.

 Pour les entreprises, ce nouveau cycle n’est pas conjoncturel. Au contraire, il ouvre un nouvel âge déterminant qui invite, sous les tentations du ralentissement, à devoir plutôt privilégier, selon nous, des réinventions de l’entreprise de demain et de nouveaux pilotages.

 

 Le « nouvel âge des incertitudes » se définit par leur cumul (des incertitudes qui font système), par leur durabilité (souvent sur plusieurs années) et par leur emprise sur le monde économique.

 Il y a cinq ans, en 2017, les dirigeants d’entreprises éprouvaient des incertitudes liées à l’avenir des révolutions technologiques[1]. Depuis, les entreprises ont déjà fait beaucoup : à l’automne 2020, les dirigeants d’entreprise estimaient que la « résilience » devait désormais être aussi importante que la « performance » : 76 % d’entre eux la considéraient comme une obligation[2].

 

 Aujourd'hui, la mutation étant systémique, les adaptations se doivent d’être structurelles : il s’agit de rationaliser l’incertitude.

 « Rationaliser l’incertitude » consiste d’abord à tenter de s’approprier l’incertitude, plutôt que la subir. Par exemple en dressant une matrice d’impacts et d’opportunités. Tous les risques ne sont pas également impactants pour toutes les entreprises ; et certains peuvent être transformés en opportunités.

 « Rationaliser l’incertitude » signifie ensuite déployer une vision éprouvée de long terme, afin de rassurer et mobiliser l’ensemble des parties prenantes.

 « Rationaliser l’incertitude » conduit encore à effectuer un pilotage sensible des courts et moyens termes : veilles sensibles des signaux faibles, mutations et registres de rupture ; communications plus soutenues et adaptées des dirigeants, en interaction avec les changements et les publics ; prospectives plus ouvertes et proactives ; conduite d’organisations internes, de formations et de compétences adaptables.

 Le nouvel âge des incertitudes ouvre une nouvelle époque des entreprises, de leur pilotage et du rôle des dirigeants, et appelle des réinventions plutôt que des ralentissements.

 

  1. « Les dirigeants d’entreprise et l’avenir », étude d’opinion Viavoice pour le Medef, juillet 2017.
  2. « Baromètre des dirigeants » - Exploratoire Sopra Steria Next - Cabinet Les Temps Nouveaux et Viavoice, publié par Les Echos et diffusé sur Radio Classique, novembre 2021.


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